jeudi 27 janvier 2011

Justice : Paul Biya cité devant la Cour criminelle internationale
La Scapo, une organisation irrédentiste camerounaise veut faire condamner des crimes coloniaux et néocoloniaux.
Le communiqué de la Southern Cameroons Peoples Organisation (Scapo) circule sur des listes d’adresses électroniques. Il porte déjà cependant la charge contre les autorités camerounaises et principalement le président de la République. " La Southern Cameroons Peoples Organisation vient de déposer une plainte officielle auprès du procureur de la CCI (Cour criminelle internationale) pour demander l’inculpation du président Paul Biya du Cameroun Français (sic), ainsi que d’autres dirigeants politiques et militaires de ce pays, pour le génocide commis contre le peuple Bamiléké de 1962 à 1970, suivi d’autres crimes contre l’humanité ", peut-on lire d’entrée de jeu dans le communiqué qui incrimine aussi des dirigeants français tels que Charles de Gaulle et Jaques Foccart.
Si le rôle éventuel de Paul Biya est décrit comme celui d’un exécutant, certes dévoué, dans ces œuvres, puisque le président de la République actuel était alors un cadre de l’administration proche du président Ahmadou Ahidjo, la Scapo estime que le chef de l’Etat doit répondre du massacre des "nordistes en 1984 ", suite au coup d’Etat manqué perpétré par les soldats fidèles à Ahmadou Ahidjo et dont "Les charniers du massacre […] sont localisés à Mbalmayo. "
Durant plusieurs années, note par ailleurs la Scapo, l’Etat camerounais a pratiqué du "terrorisme" contre les populations des provinces anglophones. Une maltraitance qui " a pris la forme d’arrestations arbitraires, de détentions intempestives, de tortures, et de tueries extrajudiciaires. Toutes ces activités ont été soigneusement documentées, avec des photos d’accompagnement. " " Dans la mesure où ces actes de terrorisme ont été perpétrés de manière systématique plusieurs années durant, et que ce sont les citoyens du British Southern Cameroons qui étaient visés, ils constituent un crime contre l’humanité ", conclue le communiqué.
Cependant, à la Cour criminelle internationale, le cas du Cameroun et des derniers dirigeants français du régime colonial au Cameroun ne semble pas encore avoir été inscrit au rôle. Puisque les affaires criminelles recensées sur le continent africain concernent la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo et l’Ouganda dont des ressortissants sont poursuivis. Les rubriques consacrées aux plaintes devant le procureur ne comportent rien sur le Cameroun non plus. " C’est normal, explique Martin Fon Yembe, le secrétaire général de la Scapo. En général, quand ces plaintes sont reçues, la Cour ne publie pas directement les noms des personnes incriminées et les affaires pour lesquelles ils le sont, jusqu’à ce qu’elles soient convoquées. Il y a deux semaines seulement en effet que le président de notre organisation, Kevin Gumne a quitté Londres pour introduire la plainte. "
Paul Biya se présentera-t-il donc bientôt à Rome pour répondre des faits dont la Scapo l’accuse ? Rien n’est moins sûr, puisque le Cameroun n’a toujours pas ratifié le traité instituant la Cour criminelle internationale, bien qu’il ait régulièrement participé aux travaux de création de cette cour. Pour certains observateurs, c’est bien la possibilité de poursuivre les dirigeants camerounais après l’affaire des 9 disparus de Bépanda qui aurait échaudé les autorités.

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